Fictions·mes lectures

Pour l’amour de la trahison … Judas, Amos Oz

JUDAS

Auteur : Amos Oz

Langue originale : Hébreu

Genre : Romance historique

Edition : Gallimard

Année : 2016

Nombre de pages : 352 pages

Coucou, aujourd’hui, c’est le CM qui prend le contrôle du blog, j’ai enfin le pouvoir (oui, je me calme). J’espère pouvoir, vous faire, voyager un univers un peu différent, mais aussi passionnant de Prissou, Bienvenue dans « Les balades littéraires de Sebastian ». 

Aujourd’hui, je vous présente Judas d’Amos Oz, un romancier israélien assez connu pour ses actions en faveur de la paix dans le conflit israélo-palestinien.

Pour vous mettre dans le contexte, c’est un livre que j’ai acheté, il y a déjà quatre mois. J’avais envie de faire un tour du monde des littératures, et de découvrir des littératures non-européennes ou nord-américaines. Puis, en traînant à la FNAC (elle avait dit pas de pub, non ?), je suis tombé sur ce livre, dont le résumé m’a tout de suite donné envie. Jugez-en par vous-même :

« Le jeune Shmuel Asch désespère de trouver l’argent nécessaire pour financer ses études, lorsqu’il tombe sur une annonce inhabituelle. On cherche un garçon de compagnie pour un homme de soixante-dix ans ; en échange de cinq heures de conversation et de lecture, un petit salaire et le logement sont offerts.

C’est ainsi que Shmuel s’installe dans la maison de Gershom Wald où il s’adapte rapidement à la vie réglée de cet individu fantasque, avec qui il aura bientôt des discussions enflammées au sujet de la question arabe et surtout des idéaux du sionisme. Mais c’est la rencontre avec Atalia Abravanel qui va tout changer pour Shmuel, tant il est bouleversé par la beauté et le mystère de cette femme un peu plus âgée que lui, qui habite sous le même toit et dont le père était justement l’une des grandes figures du mouvement sioniste. Le jeune homme comprendra bientôt qu’un secret douloureux la lie à Wald… »

Cependant, pour des raisons qui m’échappent, je n’ai pas ouvert le livre tout suite, jusqu’à ce que je décide d’en faire mon « livre de train ».

Trêve de bavardage, entrons dans le vif du sujet.

Jérusalem, années 50 …

Judas est un magnifique roman d’amour dans la Jérusalem divisée de 1959, un grand livre sur les lignes de fracture entre judaïsme et christianisme, une réflexion admirable sur les figures du traître, et assurément un ouvrage essentiel pour comprendre l’histoire d’Israël.

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David Ben Gourions

Nous avons là un excellent roman, le genre d’ouvrage que l’on pourrait lire avec une encyclopédie et un bloc note pour y noter les références littéraires et les citations. En effet, ce livre est une bibliothèque aussi remplie que celle de Sheatia Abravanel, un personnage central dont je vous parlerai plus tard.

Judas se situe dans une Israël toute naissance, dirigé par son leader historique David Ben Gourions, apprenant à vivre avec sous la menace permanente d’une attaque arabe. Petit rappel historique, Israël acquiert son indépendance en 1948, à la suite d’un mandat britannique et de la décision de l’ONU de séparer la Palestine en un État juif et un État arabe. Cette indépendance provoque aussitôt une guerre entre Israël et les États arabes qui dure un an et fait près de 55 000 victimes, dans les deux camps.

Le pays qui commence alors à se nourrir pleinement de l’idéologie sioniste et s’enfonce dans une paranoïa justifiant la défense active de son territoire.

Oui, mais qui sont-ils ?

C’est dans cette morosité ambiante que nagent nos trois personnages principaux : Shmuel, Wald et Atalia. Dans les premiers chapitres, ils nous semblent très différents de par leurs modes de vie, leurs caractères, leurs âges : tous les séparent. À ce propos, je tiens à souligner l’écriture d’Amos Oz qui s’attelle à un exercice de description très soigné. Ce qui nourrit le caractère de ses personnages au fil des chapitres.

Shmuel, autour de qui s’articule la narration, est un jeune étudiant que l’on pourrait croire assez naïf, il est parfois agaçant mais sa sensibilité nous émeut souvent.

Wald est un vieil homme âgé aigri, entouré par un voile de mystère. Son personnage est très intéressant, c’est un homme ayant l’éloquence aussi fine qu’une lame et la repartie d’un escrimeur ; toutefois, il est aussi très seul, noyé par un lourd chagrin et ne trouve que pour seul réconfort des joutes verbales philosophiques avec des ombres téléphoniques.

Atalia est une femme d’âge mur dont les charmes mettent notre personnage principal dans tous ces états. Elle vit également dans la maison, à l’instar de Wald, elle entretient un secret et une personnalité si complexe que l’on pourrait finir l’ouvrage sans l’avoir totalement décryptée.

Enfin, un quatrième personnage vient se glisser dans cette histoire. Le père d’Atalia, Sheatiael Abravanel, il est à la fois l’intrigue, la clé de l’intrigue et le but de l’intrigue. Ce personnage pourrait être transposé à la maison dans laquelle habitent nos protagonistes. Cette maison semble hantée par ce personnage. On y ressent sa présence à travers l’ambiance étrange et pesante ; il éloigne, mais unit tous les personnages. Abravanel et la maison ne sont en fait qu’un.

Nous avons à l’instar de la Bible, notre Trinité, dans laquelle vient se glisser un personnage oublié, mais central.

Oui, j’ai comparé notre trio à la Sainte Trinité ! C’est exactement là où je souhaitais vous mener : n’oubliez pas le titre de l‘ouvrage : JUDAS. Je vois déjà vos yeux ne se plisser rien qu’en pensant au traitre le plus célèbre de l’histoire de l’humanité.

Cet ouvrage n’est pas que l’histoire du petit Shmuel, détrompez-vous.

« … Et si les traîtres étaient en avance sur leurs époques ? »

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 Judas est un essai sur Jésus dans la tradition juive, objet de la thèse de Shmuel. De fil en aiguille, nous sommes glissés vers le personnage de Judas. En effet, comment étudier ce sujet sans mentionner Judas, disciple déchu dont son action a déteint sur la vision du Juif chez les Chrétien, d’après l’auteur.

En parallèle, la clé de l’œuvre, Abravanel, est lui aussi perçu auprès de ces paires comme un traître pour avoir toujours soutenu qu’une alliance avec les Arabes étaient la seule solution de paix.

Le véritable sujet de cet œuvre est la Trahison. Notre vision des traîtres, des Judas comme nous les appelons, leurs motivations sont-elles réellement ce que nous savons. Et si les traitres étaient en avance sur leurs temps, étaient-ils des incompris, des personnes dont les motivations, la vision du monde étaient si différentes de celle de la société qu’elle les a marginalisés et à ternis leurs images.

Judas, nous est présenté comme le disciple le plus proche de Jésus, presqu’un fanatique. Je ne vous en dis pas plus, croyez-moi, c’est l’une des intrigues les plus captivantes de l’histoire.

Attention : si vous êtes croyant, prenez ces chapitres avec des pincettes et avec la plus grande ouverture dont vous pourriez faire, vous pourriez accuser ce livre de blasphème.

Juste merci !

Sur ces mots, je crois que ce sera tout pour moi. J’espère que je ne vous ai pas trop ennuyé pour ce premier article (peut-être dernier, si Prissou m’exile ��). J’ai bien aimé cet exercice, je comprends mieux pourquoi elle est si enthousiaste à sortir des articles à ses chocolatines (non, croissant excusez-moi).

Si vous avez aimé, n’hésitez pas à mettre un pouce vert et à vous abonner ! (Non, Sébastien, on n’est pas sur YouTube – Prissou).

À vendredi prochain.

tenor

Ah, je dois noter ?

Bah, à ce livre, je donnerai la note de 8/10.

(en fait, vous ne le savez pas, mais j’imite la voix des meufs dans les Reines du Shopping sur M6 (ah merde, pas de pub).

 ALLEZ MES AMIS, JE VOUS SOUHAITE UNE BONNE LECTURE ET A LA PROCHAINE !

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